Ski couloir nord des Courtes

Face Nord Est des Courtes.

Ce jour-là, toutes les conditions semblaient réunies pour skier la Face Nord Est des Courtes :

    • pas de boulot
    • beau temps
    • et des conditions de neige correctes pour la pente raide.

Le rêve quoi :-)

Au pied de la face Nord Est des Courtes, Massif du Mont Blanc.

La face Nord Est des Courtes, une grande classique du ski montagne : 800 mètres de face pour une inclinaison comprise entre 40° et 50°. Qui dit face dit espace pour skier. Il n’est donc pas rare de pouvoir y tailler de belles courbes quand la poudreuse est au rendez-vous. Bref un itinéraire de grande classe convoité par grand nombre de skieurs.

Ski dans couloir nord des Courtes
Ski dans couloir nord des Courtes

Cependant, il ne faut résumer cet itinéraire par une simple descente à ski :
« … Après 3 ou 4 heures de course le soleil nous avait enfin rattrapé, illuminant le long toboggan sur lequel nous étions accrochés grâce à la pointe de nos crampons. Sur la neige encore durcie par le gel et la pente à plus de 50 degrés, malgré la corde qui nous reliait, il valait mieux ne pas tomber… ».

C’est de cette façon que mon grand-père, me décrivit cette voie. Le tout avec le soupçon d’émotion et de passion de celui qui partage un très bon souvenir.

J’avais donc, par avance, une forte impression de cet itinéraire.

Michel, enfin ce qu’on en voit (mais tourne toi plus!)
Et Yves-Ma (mais c’est pas vrai, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre…)

8H30, sur le parking des Grands Montets, la fine équipe réunie, le top départ est donné. Les 2100 premiers mètres sont rapidement avalés (30 minutes), aidé (à peine) par quelques remontées mécaniques.

Après une sympathique traversée sous la face nord de la Verte, de la Grande Rocheuse et des Droites, où le regard ne manquera pas de se perde dans de futurs projets, nous voilà au pied des difficultés, prêts à franchir la rimaye. Le couloir nous apparaît pleinement. Bonne nouvelle : personne en vue, nous sommes seuls.
Mauvaise nouvelle, pas l’ombre d’une trace de montée et encore moins celle d’un télésiège. Ce qui nous oblige à marcher :-)

Au sommet du couloir.

La montée, longue, simple et monotone est rythmée par le bruit de nos pas s’enfonçant dans la neige (profonde la neige) et le souffle de nos respirations (profond le souffle). Cette symphonie de l’effort sera malheureusement perturbée par quelques fausses notes : tous les 50 mètres de progression environ, un avion vient se poser sur le glacier, et nous dépose sans discrétion (aucune),  une bonne dose de kérosène.  Après une dizaine d’aller et retour le monstre semble vide et l’aéroport d’Argentière ferme enfin ses portes.

Enfin seuls !!!

A fur à mesure que nous progressons la profondeur de neige augmente et le souffle lui, raccourcit. Du coup on va bien moins vite. 50 mètres avant le sommet, le caillou prend un avantage non négligeable sur la neige. Le nuage débonnaire posé sur le sommet des Courtes ne l’est plus tant. Nous décidons de stopper là, afin de profiter de la visibilité pour la descente.

Mich dans les starting-blocs

Rapidement, nous échangeons les crampons contre les skis.
Michel recouvre sa sérénité et est prêt à manger la pente.

C’est parti!!!
Rimaye en approche.

La neige est irrégulière et parcourue de veilles traces, à mi-chemin entre la gelée et la croûtée. Dans le plus pur esprit de la pente, les virages se font tout en maitrise, dans le respect des 4 appuis, non loin de la glace et du caillou. Ça c’est pour le haut.
Après, la pente se couche et la neige est de meilleure qualité.
Il ne faut toujours pas tomber mais on peut se lâcher un peu plus.
Un petit saut pour franchir la rimaye, quelques virages et nous voici sur le glacier plat mais contents.

Raph.


Merci de votre lecture.
A bientôt pour notre prochain récit « Carnet de Course »

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